• SAMU Social : anti-social !

    Une partie des salariés du samu social de Paris ( une centaine de personnes sur un effectif de 600 ) sont en grève depuis 10 jours. Un conflit qui est aussi une première dans l'histoire de l'institution fondée en 1993 par Xavier Emmanuelli.

    Il y'a quelque chose qui ne tourne pas rond dans le p'tit monde de l'Humanitaire. Pour une structure qui prétend lutter contre la misère, on ne peut pas dire qu'elle donne le bon exemple en interne !

    D'après Julie, une salariée gréviste de 24 ans, la situation était latente depuis longtemps : << On est la belle vitrine de l'Etat, mais quand on lève le rideau, c'est honteux >> affirme t'elle sans enbages. Fichtre...mais que se passe-t'il donc au samu social?

    • << L'Institution lutte contre la précarité, mais elle en crée >>

    Naima est permanenciere au 115. C'est de ce service qu'est partie la grève. << Au début, on protestait contre le projet d'enregistrement des appels, mais ça a été l'étincelle pour toutes les autres revendications.>>  raconte la jeune femme.

    Engagée en Novembre, elle reçoit les coups de fil des sans-abris. 7h d'affilées, pour 1.100 euros net par mois. << Je ne cours pas après la paye, si je suis là, c'est par vocation. Mais aujourd'hui, je ne peux plus rester: le salaire que je gagne me met en difficulté. C'est ironique: l'institution lutte contre la précarité, mais elle en crée >>
    Julie appartient aux équipes mobiles d'aide (EMA) aussi appelées << maraudes>>, ces camions qui tournent dans Paris pour aller à la rencontre des SDF entre 20h et 5h du matin. Arrivée depuis 10 mois, elle enchaine son deuxième C.D.D

    Parmi les revendications des "maraudeurs", le versement d'une prime de risque, physique et psychologique. << Nous faisons face a des situations délicates: nous pouvons nous retrouver avec des personnes agressives, armées ou psychotiques. C'est un métier usant: nous sommes confrontés à la misère au quotidien, et aux décès parfois de nos hebergés. Pour toutes ces situations, il n'existe pas de cellule psychologique ou d'espace de parole pour extérioriser >>

    Pour ne rien arranger, le Samu social à un statut juridique batard, celui de G.I.P ( Groupement d'intérêt public) financé par une kyrielle d'autorités de tutelle, qui rend la Gouvernance kafkaiënne ! Du fait de son statut, le Samu social n'est pas soumis au code du travail, ce qui permet toutes les dérives. Les salariés ne béneficient pas non plus d'une convention collective.

    Quant à l'accueil des pensionnaires dans les centres, il se fait dans des locaux insalubres et défaillants ou l'insécurité et l'impossibilité d'y faire garder son chien, dissuadent plus d'un SDF d'aller y séjourner...


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