• CEIDF : victoire sur toute la ligne !

    En cette époque désespérante de crise et d'austérité budgétaire annoncée, qu'il est bon de savourer une victoire...même par procuration ! Ce genre de victoire à un effet psychologique certain sur le moral de la population et peut contribuer à inverser le rapport de forces.

    Celle que viennent de remporter les salariés grévistes de la Caisse d'Epargne d'Ile-de-France (CEIDF) au terme de 4 semaines de grève est en effet éclatante et riche d'enseignement pour l'ensemble du monde du travail.

    Le conflit était né d'un ras-le-bol généralisé face à l'intensification du travail lié à des objectifs commerciaux démesurés, , d'un <<plan de sauvegarde de l'emploi>> prévoyant 500 suppressions de postes, soit 10% de l'effectif de la caisse d'epargne d'IDF, mais surtout de la baisse considérable des élements variables et aléatoires de rémunération ( -90% pour l'intéressement, -50% pour la part variable) conséquence des pertes de Natixis.

    Un conflit exemplaire, où trois organisations syndicales unies ont réussi à contraindre le Président du Directoire de la Banque à manger son chapeau ! Lui qui avait misé sur le pourrisement du conflit, a été contraint à reculer et à satisfaire presque toutes les revendications.

    La grève, d'abord lancée à l'initiative de Sud et de la CGT, a été rejoint dans l'intersyndicale par le Syndicat national unifié (S.N.U) et a surpris d'emblée par son dynamisme et son inventivité. Les assemblées générales quotidiennes rassemblaient pas moins de 300 grévistes . 2 temps forts ont littéralement paralysés l'entreprise, les 29 avril et 6 mai, en rassemblant à chaque fois quelques 1.000 manifestants devant le siège de la Banque. 

    Sans oublier des actions originales, comme placarder à proximité de la résidence du Président du Directoire des affiches avec sa photo et le montant de sa rémunération fixe (400.000 €) et variable (76.000 €), histoire de l'habiller chaudement pour l'hiver...

    Les manifestants scandaient des slogans comme << clients, salariés, on est tous arnaqués>> ou bien << ecureuils en colère>> résultat : une capitulation en rase campagne pour le Président du Directoire et la Direction de la Caisse d'Epargne, et une victoire méritée pour les salariés !

    Ils ont notamment obtenus :

    1. Aucun licenciement, que des départs "volontaires" dans le cadre du P.S.E
    2. 10 millions d'Euros supplémentaires d'intéressement
    3. Le paiement de 5 jours de grève proratisés
    Les principaux enseignements que l'on peut tirer de ce conflit exemplaire sont :

    • Les femmes et les jeunes se sont bien impliqués dans le mouvement, et uen communication efficace a été trouvée grâce à internet
    • La determination des grévistes et l'unité des 3 syndicats ont fait de ce conflit une grève gagnante
    • Cette grève a donné envie d'en être et c'est peut-être le point le plus important !
    Une belle leçon qui demontre que OUI, en 2010, alors que les mauvais coups et les attaques redoublent sur nos têtes de la part des banques, des marchés financiers et des gouvernements à leur service partout en Europe,  une grève peut être gagnée. Bravo à eux !!!




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